Imprimer

Croire en Dieu rend-il plus heureux ?

20 décembre 2009
Dans les années 70, Jigme Singye Wangchuck, roi du Bhoutan, petit pays de l’Himalaya, a adopté le concept de « Bonheur national brut » afin de mesurer le bien-être de ses sujets. Quatre facteurs ont été pris en compte :

la croissance et le développement économique, la conservation et la promotion de la culture bhoutanaise, la sauvegarde de l'environnement et la promotion du développement durable et, enfin, la bonne gouvernance responsable.

Et, effectivement, jusqu’à il y a peu, le Bhoutan était connu comme le pays des gens heureux. Mais ce bonheur érigé au rang de loi, semble être mis à mal depuis 2008, date à laquelle le pays est passé du régime de monarchie absolue à celui de démocratie parlementaire.

Si le concept de « Bonheur national brut » est séduisant, il aura été, dans ce cas précis, une arme politique pour asservir et endormir le peuple bhoutanais en faisant croire que le bonheur dépend de facteurs précis et mesurables imposés par un monarque tout-puissant.

Le besoin de mesurer le bonheur ou d’en donner la recette n’est pas nouveau. Quant à savoir s’il existe des indices précis pour évaluer le bonheur à l’échelle d’un pays, c’est un autre problème parce qu’en fin de compte, chacun cherche à sa manière à être heureux en fonction des circonstances et de sa propre vie (1).

Croire en Dieu peut nourrir cette quête du bonheur. Et si croire en Dieu peut nous rendre plus heureux, ce n’est pas juste parce que nous aurions une béquille plus solide qui nous soutiendrait en cas de malheur. C’est parce que nous avons l’intime conviction que nous sommes appelés à l’être toujours plus.


Gwenaelle Brixius