UEPAL Rétrospective 28/03/2018 - Marche blanche à Strasbourg

28/03/2018 - Marche blanche à Strasbourg

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Une marche blanche à Strasbourg
en hommage à Mireille Knoll

à l'appel de l'Union des étudiants juifs de France, du Conseil représentatif des institutions juives de France et du Consistoire israélite.

 

 

Sous la pluie, près de 1 000 personnes ont marché de la place Kléber à la place de la République.

Là, de courtes allocutions ont été prononcées par le maire de Strasbourg Roland Ries, le président de l’Eurométropole Robert Herrmann, le grand rabbin Harold Weill, le président du Conseil régional du culte musulman Abdelhaq Nabaoui, Mgr Ravel, archevêque de Strasbourg, Christian Albecker, président de l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine, Frédéric Bierry, président du conseil départemental du Bas-Rhin et son homologue du Haut-Rhin, Brigitte Klinkert, et la députée européenne Anne Sander.

Après une minute de silence, une Marseillaise a été entonnée par les personnes présentes.

 

Message du Président Christian Albecker

 

Une fois de plus, nous sommes réunis sur cette place dans un moment de tristesse, de deuil et de colère devant la violence criminelle des hommes. Une fois de plus, nous déplorons que cette violence s'exerce au nom de la religion et d'une utilisation dévoyée de celle-ci, sur des victimes qui ont pour seul tort d'être différentes par leur religion ou leur absence de religion.

 

Les protestants d'Alsace et de Moselle que je représente ce soir disent leur tristesse et leur indignation devant les actes barbares commis vendredi dernier à Carcassonne et à Paris. L'assassinat d'une vieille femme handicapée, tuée parce qu'elle était juive, est un crime particulièrement odieux. J'exprime la solidarité de la communauté protestante avec nos amis juifs et avec les familles de toutes les victimes de cette nouvelle poussée de violence insensée.
Les protestants de France sont solidaires avec toutes les minorités persécutées à cause de leur différence, en particulier religieuse. Ils se souviennent en effet qu'ils ont été eux-mêmes victimes de persécutions de la part d'autres chrétiens intolérants et fanatiques. Aucune de nos communautés religieuses n'est exempte des démons de l'intégrisme ou du fondamentalisme qui utilisent la violence pour imposer leurs convictions. En tant que responsables religieux nous devons veiller à ne laisser aucune place, dans les enseignements dispensés à nos fidèles, en particulier aux enfants et aux jeunes, à l'intolérance ou au refus de la différence. On ne peut être croyant que par choix, sans contrainte ni violence, dans une liberté de conscience que nous devons défendre et que les protestants ont contribué à faire reconnaître comme un droit fondamental de l'humanité.

 

Depuis dimanche, les chrétiens sont entrés dans la Semaine Sainte, où ils commémorent le chemin de souffrance du Christ, qui a accepté de donner sa vie pour mettre fin au cycle infernal de la violence. Comment ne pas rappeler la prière du Christ sur la croix « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font » ? Devant l'absurdité de la violence aveugle, il faut certes protéger les plus vulnérables, juger et punir, mais il faut surtout éradiquer la lâcheté criminelle en étant plus fort moralement, psychologiquement et spirituellement que les fanatiques, à l'exemple du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame qui a donné sa vie pour que d'autres vivent. Dimanche prochain, les chrétiens fêtent Pâques, où ils célèbrent la résurrection, la victoire de la vie sur la mort. Avec nos sœurs et nos frères en humanité de toutes les religions ou sans religion, nous voulons partager ce message d'espérance et de vie, qui doit nous porter à la confiance et au respect mutuel.

 

Christian Albecker

 

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© Bernard Guillot

 

 

 

 
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