Information : Notre
première notice du fonds ancien de la
bibliothèque a été
saisie sur notre nouveau logiciel en
septembre 2011.
Pour marquer l'évènement, nous
vous proposons le livre complet en
exclusivité sur notre site internet :
De la juste providence de
Dieu....par Pierre Du Moulin
En 1772 furent
édifiés, à
côté de l’église
protestante Saint-Thomas et sur les bords de
l’Ill, les majestueux bâtiments du
chapitre de Saint-Thomas. Leur aile
orientale abrite depuis 1860 un foyer
d’étudiants dont les origines
remontent au XVIe siècle,
le collège Saint-Guillaume. La
bibliothèque de cette institution
occupe, suite aux transformations de 1989,
trois lieux distincts. Leurs ouvrages des XVe, XVIe
et XVIIe siècles
sont conservés au
rez-de-chaussée, dans la salle
Rodolphe Peter. Les livres et brochures des
XVIIIe, XIXe et XXe
siècles sont gardés au
sous-sol, dans les salles et la
réserve de la
médiathèque. Des collections
moins consultées sont rangées
dans trois pièces, au premier
étage de la tour de l’église
Saint-Thomas.
La bibliothèque de
Collegium Wilhelmitanum a grandi
organiquement avec l’institution dont elle
porte le nom et dont elle est devenu un
fleuron. Suite au passage de la ville de
Strasbourg à la Réforme, un
internat pour étudiants fut
installé en 1544 dans le couvent
désaffecté des moines de
Saint-Guillaume. Dès les
débuts et à travers les
siècles, les responsables de ce foyer
eurent à cœur de mettre à la
disposition des étudiants les
ouvrages nécessaires à leur
formation. Une bibliothèque de
théologie et de culture
générale s’est ainsi
développée par des achats,
mais surtout grâce à des dons
et des legs. En 1894, lors du 350e
anniversaire du Collegium, le directeur,
Alfred Erichson, pouvait faire état
de quelques 50.000 volumes et de 10.000
brochures. Cent ans plus tard, la
bibliothèque a largement
dépassé les 70.000 volumes,
les collections ayant été
remarquablement enrichies dans la
deuxième moitié du XXe
siècle grâce en particulier aux
efforts du professeur Rodolphe Peter, ancien
directeur du collège Saint-Guillaume,
et grâce au don des collections de cet
érudit et bibliophile éminent,
reçues par la bibliothèque
après son décès, en
1987.
Désormais,
la bibliothèque conserve quelques
2.000 volumes du XVIe
siècle et plus de 2.000 volumes du
XVIIe siècle. Par bonheur
les collections anciennes n’ont pas subi de
dégâts majeurs depuis leur
constitution. Elles ont
échappé aux confiscations de
la Révolution ; elles ont
été sauvées en 1860
lors de l’incendie du collège
Saint-Guillaume qui était alors
installé dans l’ancien couvent des
Dominicains ; elles ont survécu
à la guerre de 1870, qui fut fatale
à la bibliothèque de la ville
de Strasbourg et à celle du
séminaire protestant. La
deuxième guerre mondiale les a
épargnées – une partie avait
été évacuée
près de Clermont-Ferrand.
La bibliothèque du
Collegium Wilhelmitanum forme un ensemble
cohérent qui reflète les
tendances théologiques et les
recherches dans le domaine de la
spiritualité depuis près de
cinq siècles.
Une première partie
du fonds ancien est constituée d’une
centaine d’incunables et d’une centaine
d’ouvrages édités entre 1501
et 1517, dont de nombreuses
impressions
strasbourgeoises. Divers ouvrages
méritent une attention
particulière, comme la Bible latine
avec gloses et commentaires, en quatre
volumes in-folio, imprimée à
Strasbourg en 1480. Un exemplaire de la
Bible de Mentelin de 1469, que
possédait la bibliothèque, a
été vendu en 1819 à
Londres pour trois cents francs. Alfred
Erichson signale non sans humour que les
ouvrages de théologie acquis
grâce à cette somme ont eu une
influence heureuse sur les étudiants
de l’époque, car moins d’un
siècle plus tard ils n’avaient plus
de valeur alors que celle de l’incunable
avait au moins été
multipliée par dix !
Le trésor le plus
important est, sans conteste, formé
par les écrits réformateurs
appelés dans la bibliothèque
les varia. Il s’agit de nombreux
petits traités du XVIe
siècle. Le fait que plusieurs de ces
traités ont souvent
été, dès l’origine,
reliés ensemble en un seul volume a
permis de ne pas les perdre.
Ils ont pour auteurs les
grands réformateurs : Martin
Luther, Melanchthon, Ulrich Zwingli, et
évidemment les réformateurs
strasbourgeois, tels que Martin
Bucer. On y trouve également de
nombreux pamphlets des divers partis qui
s’affrontaient.
La littérature
conservée dans la bibliothèque
est surtout de langue latine et de langue
allemande. Grâce aux collections du
professeur Rodolphe Peter, elle s’est
enrichie d’ouvrages concernant le
Réforme de langue française et
l’histoire du protestantisme
français.
Parmi les
ouvrages du XVIe siècle
il faut mentionner quelques
pièces : un ouvrage d’Erasme de
Rotterdam, de 1520, légué par
le premier pasteur de Strasbourg, Matthieu
Zell ; les œuvres de Clément
d’Alexandrie, de 1550, avec l’ex-libris du
grand stettmeister Jacques Sturm ; la
troisième édition de l’œuvre
maîtresse de Jean Calvin, l’Institutio
religionis christianae parue à
Strasbourg en 1543. Signalons
également quelques pièces
uniques comme le cantique strasbourgeois de
1538, Psalter mit aller Kircheübung,
ou, dans la collection Peter, le petit
ouvrage en langue française de Martin
Luther, Le livre de vray et parfaite
oraison, de 1545. La partie ancienne
de la bibliothèque a souvent
été qualifiée par les
termes ‘‘humanisme’’ et ‘‘Réforme’’.
Il est vrai qu’à côté
des livres de théologie, s’y trouvent
de nombreuses éditions d’auteurs
grecs et latins imprimés autant
au XVIe qu’au XVIIe
siècle .
Les collections du XVIIe
siècle sont particulièrement
riches en ouvrages de théologiens
strasbourgeois de l’époque ainsi que
des thèses de leurs étudiants.
L’Alsacien Philippe-Jacques Spener, le
père du piétisme, ce mouvement
qui a marqué profondément le
protestantisme, est bien
représenté parmi des ouvrages
de théologie, complétés
par de nombreux ouvrages de
piété et de prédication
tant en langue allemande que
française. Mais les livres de
philosophie et de culture
générale ne sont pas absents.

La section du XVIIIe
siècle est dans la continuité
des sections précédentes. Elle
se caractérise en plus d’un bel
ensemble d’alsatiques, par une riche
collection de livres de cantiques et
d’intéressantes séries
d’ouvrages concernant le protestantisme
français et le jansénisme. S’y
trouvent même des ouvrages d’histoire
et de géographie.
Dans les collections du XIXe
et du XXe siècle figurent
les noms de tous les grands
théologiens et philosophes modernes
et contemporains. Il est à signaler
que la bibliothèque a
hérité, grâce au
professeur Jean Héring, de nombreux
livres concernant la
phénoménologie. Mais le
Collegium Wilhelmitanum conserve
également la littérature
théologique dite secondaire, qui est
dans son ensemble le reflet sociologique de
la vie religieuse d’une époque, ainsi
que de nombreux volumes et brochures
concernant les missions protestantes qui
sont autant de témoins de l’histoire
des peuples d’Afrique et d’Asie.
La section des alsatiques
centrée sur le protestantisme
constitue, surtout par ses collections de
journaux religieux et ses nombreuses
brochures et thèses, une mine de
renseignements pour les chercheurs.
La bibliothèque du
Collegium Wilhelmitanum ne conserve que peu
d’archives manuscrites. Y sont
consultées surtout les manuscrits
musicaux des XVIIe et XVIIIe
siècles et les mémoires en
sept volumes du professeur Edouard Reuss,
qui sont les témoignages d’un
européen perspicace du XIXe
siècle, ainsi que des cartes postales
représentant des églises
protestantes d’Alsace et de Lorraine.
Les directeurs successifs du
collège Saint-Guillaume, dit
séminaire protestant ou Stift,
responsables de la bibliothèque
jusqu’à un passé
récent, ont poursuivi, en accord avec
leur conseil d’administration, appelé
Ephorat, une double politique
d’acquisition : offrir aux
étudiants dans une salle de travail
les ouvrages nécessaires à
leur culture générale et
à leur formation théologique
et réunir les textes des
théologiens qui ont marqué de
manière profonde l’histoire et la
pensée de l’Eglise chrétienne.
Gustave
Koch

La bibliothèque
théologique possède un fond de
4000 volumes en accès libre : Bibles,
Ancien testament et Nouveau Testament,
dictionnaires, ouvrages de dogmatique,
d’histoire, d’éthique, de
philosophie, de sociologie et de
théologie pratique. Grâce
à l’informatisation complète
de ce fonds, les étudiants ainsi que
le grand public disposent d’une autonomie de
recherche non négligeable. De plus,
les étudiants du foyer disposent
d’une salle de travail attenante à
cette bibliothèque, cette salle leur
étant accessible jusqu’à des
heures tardives.
Le contenu de ce fonds
répond plus particulièrement
aux besoins des étudiants en
théologie de par des thèmes
s’étendant de la dogmatique à
la théologie pratique, en passant par
la philosophie, avec cependant une ouverture
sur les sciences sociales en
général telles que la
sociologie ou l’histoire des religions et
des Eglises.
En addition à
l’article de Gustave Koch, présentant
le fonds ancien, cette bibliothèque
théologique est constituée en
grande partie par des acquisitions
récentes subventionnées par la
Fondation St-Thomas et les deux Eglises.
