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Médiathèque Protestante
1bis Quai Saint-Thomas
BP 80022
67081 Strasbourg Cedex



mise à jour :

novembre
2011

 
 
 
La bibliothèque du Collegium Wilhelmitanum


 

Information : Notre première notice du fonds ancien de la bibliothèque a été saisie sur notre nouveau logiciel en septembre 2011.
Pour marquer l'évènement, nous vous proposons le livre complet en exclusivité sur notre site internet :

De la juste providence de Dieu....par Pierre Du Moulin

En 1772 furent édifiés, à côté de l’église protestante Saint-Thomas et sur les bords de l’Ill, les majestueux bâtiments du chapitre de Saint-Thomas. Leur aile orientale abrite depuis 1860 un foyer d’étudiants dont les origines remontent au XVIe siècle, le collège Saint-Guillaume. La bibliothèque de cette institution occupe, suite aux transformations de 1989, trois lieux distincts. Leurs ouvrages des XVe, XVIe et XVIIe siècles sont conservés au rez-de-chaussée, dans la salle Rodolphe Peter. Les livres et brochures des XVIIIe, XIXe et XXe siècles sont gardés au sous-sol, dans les salles et la réserve de la médiathèque. Des collections moins consultées sont rangées dans trois pièces, au premier étage de la tour de l’église Saint-Thomas.

La bibliothèque de Collegium Wilhelmitanum a grandi organiquement avec l’institution dont elle porte le nom et dont elle est devenu un fleuron. Suite au passage de la ville de Strasbourg à la Réforme, un internat pour étudiants fut installé en 1544 dans le couvent désaffecté des moines de Saint-Guillaume. Dès les débuts et à travers les siècles, les responsables de ce foyer eurent à cœur de mettre à la disposition des étudiants les ouvrages nécessaires à leur formation. Une bibliothèque de théologie et de culture générale s’est ainsi développée par des achats, mais surtout grâce à des dons et des legs. En 1894, lors du 350e anniversaire du Collegium, le directeur, Alfred Erichson, pouvait faire état de quelques 50.000 volumes et de 10.000 brochures. Cent ans plus tard, la bibliothèque a largement dépassé les 70.000 volumes, les collections ayant été remarquablement enrichies dans la deuxième moitié du XXe siècle grâce en particulier aux efforts du professeur Rodolphe Peter, ancien directeur du collège Saint-Guillaume, et grâce au don des collections de cet érudit et bibliophile éminent, reçues par la bibliothèque après son décès, en 1987.

Désormais, la bibliothèque conserve quelques 2.000 volumes du XVIe siècle et plus de 2.000 volumes du XVIIe siècle. Par bonheur les collections anciennes n’ont pas subi de dégâts majeurs depuis leur constitution. Elles ont échappé aux confiscations de la  Révolution ; elles ont été sauvées en 1860 lors de l’incendie du collège Saint-Guillaume qui était alors installé dans l’ancien couvent des Dominicains ; elles ont survécu à la guerre de 1870, qui fut fatale à la bibliothèque de la ville de Strasbourg et à celle du séminaire protestant. La deuxième guerre mondiale les a épargnées – une partie avait été évacuée près de Clermont-Ferrand.

La bibliothèque du Collegium Wilhelmitanum forme un ensemble cohérent qui reflète les tendances théologiques et les recherches dans le domaine de la spiritualité depuis près de cinq siècles.

Une première partie du fonds ancien est constituée d’une centaine d’incunables et d’une centaine d’ouvrages édités entre 1501 et 1517, dont de nombreuses impressions strasbourgeoises. Divers ouvrages méritent une attention particulière, comme la Bible latine avec gloses et commentaires, en quatre volumes in-folio, imprimée à Strasbourg en 1480. Un exemplaire de la Bible de Mentelin de 1469, que possédait la bibliothèque, a été vendu en 1819 à Londres pour trois cents francs. Alfred Erichson signale non sans humour que les ouvrages de théologie acquis grâce à cette somme ont eu une influence heureuse sur les étudiants de l’époque, car moins d’un siècle plus tard ils n’avaient plus de valeur alors que celle de l’incunable avait au moins été multipliée par dix !

Le trésor le plus important est, sans conteste, formé par les écrits réformateurs appelés dans la bibliothèque les varia. Il s’agit de nombreux petits traités du XVIe siècle. Le fait que plusieurs de ces traités ont souvent été, dès l’origine, reliés ensemble en un seul volume a permis de ne pas les perdre.

Ils ont pour auteurs les grands réformateurs : Martin Luther, Melanchthon, Ulrich Zwingli, et évidemment les réformateurs strasbourgeois, tels que Martin Bucer. On y trouve également de nombreux pamphlets des divers partis qui s’affrontaient.

La littérature conservée dans la bibliothèque est surtout de langue latine et de langue allemande. Grâce aux collections du professeur Rodolphe Peter, elle s’est enrichie d’ouvrages concernant le Réforme de langue française et l’histoire du protestantisme français.

Parmi les ouvrages du XVIe siècle il faut mentionner quelques pièces : un ouvrage d’Erasme de Rotterdam, de 1520, légué par le premier pasteur de Strasbourg, Matthieu Zell ; les œuvres de Clément d’Alexandrie, de 1550, avec l’ex-libris du grand stettmeister Jacques Sturm ; la troisième édition de l’œuvre maîtresse de Jean Calvin, l’Institutio religionis christianae parue à Strasbourg en 1543. Signalons également quelques pièces uniques comme le cantique strasbourgeois de 1538, Psalter mit aller Kircheübung, ou, dans la collection Peter, le petit ouvrage en langue française de Martin Luther, Le livre de vray et parfaite oraison, de 1545. La partie ancienne de la bibliothèque a souvent été qualifiée par les termes ‘‘humanisme’’ et ‘‘Réforme’’. Il est vrai qu’à côté des livres de théologie, s’y trouvent de nombreuses éditions d’auteurs grecs et latins imprimés autant au  XVIe qu’au XVIIe siècle .

Les collections du XVIIe siècle sont particulièrement riches en ouvrages de théologiens strasbourgeois de l’époque ainsi que des thèses de leurs étudiants. L’Alsacien Philippe-Jacques Spener, le père du piétisme, ce mouvement qui a marqué profondément le protestantisme, est bien représenté parmi des ouvrages de théologie, complétés par de nombreux ouvrages de piété et de prédication tant en langue allemande que française. Mais les livres de philosophie et de culture générale ne sont pas absents.

La section du XVIIIe siècle est dans la continuité des sections précédentes. Elle se caractérise en plus d’un bel ensemble d’alsatiques, par une riche collection de livres de cantiques et d’intéressantes séries d’ouvrages concernant le protestantisme français et le jansénisme. S’y trouvent même des ouvrages d’histoire et de géographie.

Dans les collections du XIXe et du XXe siècle figurent les noms de tous les grands théologiens et philosophes modernes et contemporains. Il est à signaler que la bibliothèque a hérité, grâce au professeur Jean Héring, de nombreux livres concernant la phénoménologie. Mais le Collegium Wilhelmitanum conserve également la littérature théologique dite secondaire, qui est dans son ensemble le reflet sociologique de la vie religieuse d’une époque, ainsi que de nombreux volumes et brochures concernant les missions protestantes qui sont autant de témoins de l’histoire des peuples d’Afrique et d’Asie.

La section des alsatiques centrée sur le protestantisme constitue, surtout par ses collections de journaux religieux et ses nombreuses brochures et thèses, une mine de renseignements pour les chercheurs.

La bibliothèque du Collegium Wilhelmitanum ne conserve que peu d’archives manuscrites. Y sont consultées surtout les manuscrits musicaux des XVIIe et XVIIIe siècles et les mémoires en sept volumes du professeur Edouard Reuss, qui sont les témoignages d’un européen perspicace du XIXe siècle, ainsi que des cartes postales représentant des églises protestantes d’Alsace et de Lorraine.

Les directeurs successifs du collège Saint-Guillaume, dit séminaire protestant ou Stift, responsables de la bibliothèque jusqu’à un passé récent, ont poursuivi, en accord avec leur conseil d’administration, appelé Ephorat, une double politique d’acquisition : offrir aux étudiants dans une salle de travail les ouvrages nécessaires à leur culture générale et à leur formation théologique et réunir les textes des théologiens qui ont marqué de manière profonde l’histoire et la pensée de l’Eglise chrétienne.

Gustave Koch

La bibliothèque théologique possède un fond de 4000 volumes en accès libre : Bibles, Ancien testament et Nouveau Testament, dictionnaires, ouvrages de dogmatique, d’histoire, d’éthique, de philosophie, de sociologie et de théologie pratique. Grâce à l’informatisation complète de ce fonds, les étudiants ainsi que le grand public disposent d’une autonomie de recherche non négligeable. De plus, les étudiants du foyer disposent d’une salle de travail attenante à cette bibliothèque, cette salle leur étant accessible jusqu’à des heures tardives.

Le contenu de ce fonds répond plus particulièrement aux besoins des étudiants en théologie de par des thèmes s’étendant de la dogmatique à la théologie pratique, en passant par la philosophie, avec cependant une ouverture sur les sciences sociales en général telles que la sociologie ou l’histoire des religions et des Eglises.

En addition à l’article de Gustave Koch, présentant le fonds ancien, cette bibliothèque théologique est constituée en grande partie par des acquisitions récentes subventionnées par la Fondation St-Thomas et les deux Eglises.