Retour aux réflexions

L'auteur Christian Albecker

Président de l'UEPAL

Thème de la réflexion : actu, Réflexions

De l’importance de l’autre

Sujet ô combien d'actualité, du passe sanitaire à la privation de liberté en Afghanistan...

La rentrée est traditionnellement placée sous le signe, non seulement de la reprise de l’école ou de l’activité dans nos paroisses, mais aussi de celle des partis politiques et des syndicats. Cette année, cette rentrée se complique encore du débat sociétal autour du passe sanitaire. À l’automne dernier, j’étais parmi les premiers à attirer l’attention, sans grand écho dans le protestantisme, curieusement très « légitimiste » dans ce contexte, sur les risques que les prolongements successifs de l’état d’urgence faisaient peser sur les libertés fondamentales. Je n’en suis que davantage à l’aise pour exprimer aujourd’hui mon désaccord avec ceux qui voient dans ce passe une discrimination et une atteinte intolérable aux libertés. Ce passe est la contrepartie indispensable à la liberté de ne pas se faire vacciner. Faire le choix de refuser le vaccin ne peut que conduire à s’exposer soi-même et à exposer les autres à la maladie, dont il faut rappeler qu’elle continue de tuer, en une écrasante majorité d’ailleurs les personnes non vaccinées. Nous vivons dans une société où les risques sont multiples et où nous avons fait le choix collectif de les limiter. Il en va ainsi de la circulation routière : on peut considérer qu’exiger la présentation d’un permis de conduire lorsque l’on conduit une voiture est une atteinte intolérable à la liberté de conduire. C’est tout simplement l’exigence d’une formation visant à garantir la sécurité du conducteur et des autres automobilistes. Cela étant, il n’est interdit à personne de faire le choix de ne circuler qu’à pied ou à vélo !

Lorsque je regarde le reste du monde, je ne peux m’empêcher de relativiser ces débats, qui me semblent bien dérisoires au regard du drame que vivent les Afghans et surtout des Afghanes, privées de libertés à un point qu’il nous est difficile d’imaginer. Alors que nous vivons le triste 20e anniversaire des attentats du 11 septembre à New York, nous devons nous rappeler, en tant que protestants, que notre liberté est au prix de l’exercice de notre responsabilité et de notre solidarité avec celles et ceux qui sont victimes de tous les extrémismes, qu’ils soient politiques ou religieux. À quelques jours de l’inauguration de la statue d’Albert Schweitzer sur la place Saint-Thomas, nous voulons rappeler avec force son principe éthique universel de « respect de la vie ». Ce concept est gravé en lettres bistres sur la fontaine en grès qui recevra la statue, et cela en 13 langues, dont le pachtou, langue parlée en Afghanistan…

Détail : La Création d'Adam, Michel-Ange

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