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L'auteur Emmanuelle Di Frenna

Pasteure, aumônière au Centre hospitalier de Metz-Thionville

Thème de la réflexion : aumônerie

L’aumônerie hospitalière, un ministère en pleine évolution.

Le 9 décembre dernier, la communauté du Temple Neuf a accueilli l’équipe d’aumônerie hospitalière Metz-Thionville pour célébrer le culte d’envoi des auxiliaires bénévoles d’aumônerie.

Pour devenir auxiliaire bénévole, tous ont effectué une formation de base à l’écoute et à la communication, puis un stage de six mois dans un des hôpitaux, sous la responsabilité d’un aumônier référent.  Pour les aumôniers en poste, le culte d’envoi des bénévoles a été un temps fort et porteur, la première pierre d’une aumônerie en construction. Nous espérons que ce n’est que le début ! C’est la première fois que l’aumônerie hospitalière compte autant d’aumôniers sur le consistoire. Pour la première fois en Moselle aura lieu une pastorale spécifique pour les aumôniers. Ce sera l’occasion de partager nos expériences, de confronter nos pratiques, d’approfondir aussi notre Écoute et de nous fortifier dans la foi et la prière. Enfin, un nouveau conseil d’accompagnement a été élu. Ce sont onze personnes qui ont accepté de soutenir et accompagner le travail de ce ministère mal connu, qui a beaucoup évolué au fil des années.

L’aumônier, aujourd’hui n’est plus uniquement un pasteur qui visite des paroissiens.

C’est une personne ressource, un partenaire du « prendre soin », dans le cosmos hospitalier. Il accompagne la dimension spirituelle des patients, des personnels hospitaliers ou de toute autre personne en lien avec ce milieu, en conservant toujours une vision holistique de la personne. L’aumônier peut offrir aussi une prière, une célébration, une sainte cène, sans oublier que le sacré ne se tient ni dans le rite, ni dans le discours religieux, mais dans la relation à l’autre, dans la rencontre, dans l’accueil d’un récit de vie, dans la présence au cœur du tourment, une main offerte, un regard aimant et bienveillant, ou encore un « plein silence ». Un lien humain, qui rappelle que rien ne peut nous arracher notre dignité fondamentale, ni l’échec, ni le mal, ni la souffrance, ni la décrépitude, ni la maladie, ni la honte, ni la peur, ni la mort.

Dans ce ministère du dépouillement de toutes nos prétentions et même parfois de tous nous savoirs, l’aumônier est souvent témoin de la soif spirituelle de l’homme. Il lui faut parfois inventer un langage commun pour cheminer avec l’autre et concéder à un véritable travail d’orfèvrerie relationnelle pour entendre le désir de Dieu derrière les maux et les mots et savoir l’accueillir, pur et intègre sans y projeter nos formatages théologiques… Et là parfois naît une rencontre, celle qui à jamais vous transforme. Unique. Pleine. Non pas un échange ou une connivence, mais une Rencontre, dans laquelle Dieu, discrètement, s’invite.

© Istockphoto / Dean Mitchel

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