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L'auteur Isabelle Gerber

Pasteure, inspectrice ecclésiastique de Bouxwiller

Thème de la réflexion : Réflexions

Le rébus corona

Le coronavirus est le rébus du siècle. Que cherche-t-il à nous dire ? Comment le résoudre ?

Photo by Brett Jordan on Unsplash

Peu de gens, en Occident, croient en Dieu. La vie apparaît davantage comme un jeu de hasard. On s’en remet aux astres, sa bonne étoile. Tout est affaire de chance. Les dés sont jetés, on mène sa vie comme une partie de poker. Entre le bluff et les cartes de départ, on cherche à gagner.

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On mise sur l’apparence. On joue au paon, on fanfaronne. De la cour de l’école au boulot, on tente de convaincre qu’on est le plus beau, le plus fort, le plus savant. Dominer, inspirer le respect en étalant sa garde-robe, ses vacances sur les réseaux sociaux. Le bateau coule, mais moi je suis le roi du monde !

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Comme une terrible rage de dents, le corona rappelle que tout s’écroule lorsque la santé fait défaut. Aïe, ça fait mal ! De ne pas maîtriser mon emploi du temps, mes déplacements, mon avenir. Oui, ça fait mal, de reconnaître que je peux mourir demain.

Le rébus est pourtant facile à résoudre. Dé-Paon-Dent. Nous sommes DEPENDANTS.

De la météo, de ceux qui nous nourrissent, nous soignent, nous écoutent. Nous avons grandi dans l’idée d’être indépendants au plus vite. La dépendance nous apparaît comme une régression et pourtant c’est LA clé. Je suis parce que nous sommes. J’existe parce que la vie me fut transmise. Les liens sont notre fondement, notre trésor le plus précieux. Aucun bébé ne survit sans un autre pour prendre soin de lui. L’amour est le choix et l’acceptation d’une dépendance. Je sais que mon bonheur dépend de l’autre. Mais c’est partager joies et peines au quotidien qui donne épaisseur, prix et sens à ma vie.

La foi nous montre le chemin. Prendre nos responsabilités, mais savoir que nous dépendons de Dieu. Je ne suis ni l’Alpha ni l’Omega, je suis de passage.  Ce passage sera d’autant plus beau que j’aurai tenté  d’éclairer la route avec et pour d’autres.

A chaque annonce gouvernementale, chacun ne retient que ce qui le concerne. L’état, lui, a pour mission le souci du bien commun. Suis-je prêt à renoncer à l’accomplissement de mon désir pour élargi mon horizon au souci commun ? J’avais prévu un périple au bout du monde, finalement j’irai consommer local pour soutenir ma région.

Alea jacta est. Les dés sont jetés, la rage de dents devrait s’apaiser si le paon accepte, avec modestie, de mettre ses atouts au service de la partie qui se joue pour tous.

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