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L'auteur Jean-Sébastien INGRAND

Pasteur, chargé de mission Justice climatique et environnement

Thème de la réflexion : Le Nouveau Messager

Théologie et écologie au cœur d’un même projet

Comme annoncé dans le précédent numéro, l’UEPAL a nommé un pasteur à temps plein pour se charger des questions d’environnement et de climat. C’est ainsi que le pasteur Jean-Sébastien Ingrand est devenu chargé de mission pour l’Église avec pour objectif de promouvoir une écologie prenant en compte la dimension spirituelle qui fait l’essence de la foi chrétienne.

Il ne s’agit pas, en Église, de vouloir faire comme les autres. Les questions écologiques sont souvent techniques et les solutions proposées peuvent être très matérielles. En matière d’écologie, la spécificité des chrétiens est d’être témoin de la présence de l’Esprit du Dieu vivant dans ce monde. Par exemple, la notion d’écospiritualité s’avère particulièrement pertinente. Il s’agit de comprendre qu’écologie et spiritualité forment un tout parce que nous sommes avec la planète Terre dans une communion d’être, de vie et de destin.

Penser la justice climatique et sociale

Je suis reconnaissant que l’intitulé de mon poste comporte le terme de « justice » car les questions climatiques actuelles et futures sont le résultat de l’injustice avec laquelle nous traitons collectivement notre planète depuis trop longtemps. Il s’agit d’apprendre un nouveau mode de relation à la planète Terre car notre cupidité et notre voracité sont en train d’y détruire les conditions d’habitabilité. Il est fondamental de penser, en même temps, les questions de justice climatique et celles de justice sociale. D’autant plus que le dérèglement climatique et les inégalités sociales vont provoquer, à court terme, de très grands mouvements migratoires. Ce n’est pas un hasard si les problèmes climatiques que nous commençons à vivre surviennent dans une société mondialisée où la répartition des richesses n’a jamais été si problématique.

Les chrétiens appelés à agir en donnant du sens

En tant que chrétiens, nous sommes appelés à une prise de conscience, suivre un chemin de conversion et promouvoir une approche spirituelle de l’écologie. Les mouvements écologiques sont parfois en quête de sens quant à leur militance. Ils attendent les chrétiens dans cet espace militant. Il s’agit pour les chrétiens de donner l’exemple de quelque chose qui surprend, qui décale, qui est profondément lié au sens (la présence de l’Esprit du Dieu vivant dans ce monde). Selon l’adage du théologien protestant Jacques Ellul, « penser global et agir local », l’intention est d’être présent sur le terrain local en étant porteur d’un sens à la fois spécifique et universel (l’Esprit). Une présence qui n’oublie pas la prière et qui peut prendre la forme de temps liturgiques, offerts à tous. C’est un appel à être inventif, localement, avec respect et responsabilité.

Il est primordial d’accompagner cette parole de façon concrète avec des formations sur le thème de la foi et de l’écologie pour nous permettre, en particulier, face à l’enlaidissement du monde, de retrouver notre capacité d’émerveillement des beautés de la nature.

Jean-Sébastien Ingrand, pasteur chargé de mission pour la justice climatique de l’UEPAL

©Markus Spiske / unsplash.com

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