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L'auteur Basile Zouma

Secrétaire général, Service protestant de mission – Défap

Thème de la réflexion : actu

Un geste missionnaire à renouveler pour une nouvelle année

« L’effet naturel du commerce est de porter à la paix. Deux nations qui négocient ensemble se rendent réciproquement dépendantes : si l’une a intérêt d’acheter, l’autre a intérêt de vendre ; et toutes les unions sont fondées sur des besoins mutuels. » (Montesquieu)

L’année 2019 a été abondamment polluée par la guerre dite « commerciale » entre les États-Unis et la Chine avec bien évidemment ces répercutions sur les autres économies. Elle signe en quelque sorte la logique de la « préférence nationale », où ce qui compte, c’est le « je gagne », même si cela devait se faire sur la perte de l’autre en face. L’accentuation des effets de ce conflit égoïste sur les petits du monde nous invite à avoir un regard particulier sur eux, écrasés par cette réalité ; « quand deux éléphants se battent – dit l’adage – l’herbe souffre ».

Il devient vital de s’occuper de l’herbe qui souffre comme de celles et ceux jetés sur les routes par la négligence et l’irresponsabilité des « grands ». De nombreuses associations portées pour des convictions et des principes s’engagent pour ces nombreux laissés-pour-compte, afin de redonner espoir et vie, où la résignation installe son règne. Le Défap se veut être dans ce grand cortège de concernés par la vie de l’autre humain, sujet aussi de la grâce divine et de la dignité humaine. Il s’engage sur le terrain concret du « besoin de l’autre » pour s’enrichir aussi de cet autre.

Le philosophe protestant Paul Ricœur, tant sollicité ces derniers temps du fait de l’intérêt du président Emmanuel Macron pour lui, aimait à dire que « Le plus court chemin de soi à soi passe par autrui ». Cela pour dire que le plus court chemin pour se connaître et se construire harmonieusement passe par ce long détour du monde qui nous entoure et des autres qui le composent. Une harmonie personnelle de vie qui sert en retour à l’harmonie du monde. Le bien-être social est une négociation permanente dans la rencontre respectueuse des autres composant cette société.

 

« Que chacun ne regarde pas à soi seulement, mais aussi aux autres. » (Philippiens 2, 4) est une exhortation biblique vitale pour une humanité souvent tentée de se servir d’abord. Une parole qui ouvre une brèche dans un monde en constante compétition et dans laquelle les plus faibles sont menacés de plonger toujours plus dans la précarité vers un quotidien de survie plutôt que de vie. Regarder l’autre et avoir de l’égard pour lui, c’est refuser les murs de séparation, s’ouvrir au dialogue dans la rencontre, s’enrichir des différences, sans se fixer sur les différends. « Ces êtres de dialogue, de partage et de mouvance que nous sommes, disait Christiane Singer, vivent de la magie des rencontres, meurent de leur absence ». Et nous pouvons ajouter cette maxime :  « Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin ».

 

Basile ZOUMA
Secrétaire général, Service protestant de mission – Défap

 

Un article proposé par le magazine Église missionnaire

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