Le fruit de la justice sera la paix ! (Esaïe 32,17)
Cette parole choisie pour 2026 par la Fédération protestante de France n’est ni un slogan ni une formule pieuse mais parle de nous :
Dans un contexte historique difficile, de crise politique et sociale, le petit royaume de Juda cherche des sécurités face à des menaces extérieures, alors que les élites locales sont dénoncées pour leurs corruptions. La parole du prophète Ésaïe pose alors trois éléments importants pour vivre :
- la paix : elle n’est pas un repos insouciant ou une émotion intérieure dans un environnement agréable mais le Shalom qui prend en compte les conflits, permet à chacun d’avoir une place et une reconnaissance, restaure la vie dans toute ses dimensions : « La paix implique forcément la vertu, la justice, la salubrité, la plénitude, la participation aux décisions, la bonté, le rire, la joie, la compassion, le partage et la réconciliation. » (Desmond Tutu). Et justement :
- la justice : elle ne se résume pas à une institution chargée de l’application des lois (« demander justice ») ni à un idéal individuel (être juste). La justice est aussi des normes – le droit – émanant d’une société : ainsi, la justice (la Tsedaqah) du prophète Ésaïe a à voir avec la droiture morale, l’honnêteté des relations, la parole de la compassion, les actes de partage qui se retrouvent dans l’expression du même prophète : « Apprenez à faire le bien, recherchez la justice, protégez l’opprimé ; faites droit à l’orphelin, défendez la veuve. » (Ésaïe 1,7)
- Le fruit : certes bon à manger ! Mais le fruit parle d’un processus, d’un développement : pour qu’un fruit arrive à maturité, cela demande du temps, de la patience, laisser poindre le bourgeon, puis éclore la fleur… et attention au gel ou au coup de froid qui arrête tout.
Et, pour reprendre la conclusion des vœux du Président de la FPF, ce verset « n’est ni un slogan ni une formule pieuse ; il est une orientation pour l’année qui s’ouvre. Il nous rappelle que la paix ne se décrète pas, ni ne s’impose par la menace, qu’elle n’est pas l’absence de conflit, mais qu’elle est le fruit exigeant d’une justice recherchée, travaillée et incarnée. »




