15 septembre 2022

Jehan-Claude Hutchen, nouvel inspecteur de Strasbourg

Culte d'installation le samedi 17 septembre à Strasbourg

Le culte d’installation du pasteur Jehan-Claude Hutchen dans ses fonctions d’inspecteur ecclésiastique de Strasbourg se tiendra le samedi 17 septembre à 17 h en l’église Saint-Thomas à Strasbourg. Ce pasteur de 64 ans prendra ainsi officiellement la tête de l’une des sept inspections de l’Église protestante de la Confession d’Augsbourg d’Alsace et de Lorraine (EPCAAL), la branche luthérienne de l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (UEPAL). Il succède dans ces fonctions au pasteur Philippe Gunther.

Le culte se tiendra en présence de Monsieur Christian Albecker, président de l’UEPAL et président du Directoire de l’EPCAAL.

L’inspecteur ecclésiastique est un pasteur régional dont le rôle s’apparente à celui de l’évêque dans l’Église catholique : il coordonne, au niveau de l’inspection, la vie et le témoignage concret de l’Église, il en stimule les grandes orientations et il accompagne les pasteurs de son secteur. Il est élu par l’assemblée d’inspection, composée notamment des pasteurs et des délégués laïques de chacune des paroisses de l’inspection, pour une durée de 7 ans renouvelable une fois.

Sa biographie

« Je suis né en 1958, à Sarreguemines au pays de Moselle. Dès mon jeune âge j’ai appris les belles histoires de la Bible, j’ai découvert la prière et la vie communautaire. J’aimais aller à l’église le dimanche pour y entendre l’orgue plutôt que les sermons auxquels je ne comprenais rien. ! Il n’était pas étonnant que je finisse par monter à la tribune pour y découvrir l’orgue puis y prendre des cours qui me mèneront au conservatoire où j’étudie la clavecin et l’orgue. L’accompagnement régulier des cantiques, surtout en langue allemande dans les paroisses a forgé et structuré ma spiritualité et ma foi.

Durant mes études secondaires, j’ai appris à visiter de manière plus approfondie les textes de la bible qui m’ont toujours passionné tout en sentant grandir en moi un appel que je ne distinguais pas immédiatement. Après une période difficile de discernement, j’ai décidé d’entreprendre des études de philosophie, une autre de mes passions, pour aboutir ensuite à la faculté de théologie de Strasbourg.

Lorsqu’est venue l’heure d’entrer dans le ministère, j’ai été vicaire à Yutz (57) la paroisse m’a encouragé à poursuivre mes études et recherches. Durant ce temps grâce à une bourse de la fédération luthérienne Mondiale, j’ai pu étudier à la faculté grégorienne de Rome, puis à Saarbrücken.
En 1984 je suis nommé Pasteur à Forbach jusqu’en 2002, date à laquelle j’ai rejoint la paroisse de Neudorf où je sers depuis 20 ans.

J’ai été ordonné le Dimanche de la Réformation, 28 octobre 1984 à Forbach et je rends grâces pour ces années, je rends grâce pour mon Église.

À Forbach pasteur au service de tous, j’ai été sollicité pour entrer au CCAS, en 1995 je deviendrai le président de cette structure importante, la dimension sociale a toujours revêtu une grande importante pour moi

Durant près de 25 ans j’ai assumé la présidence des consistoires de Sarreguemines et Neudorf. J’ai été rédacteur au nouveau Messager, membre puis président de la commission des relations œcuméniques de Moselle et d’Alsace. J’ai été enseignant vacataire à la faculté de théologie de Strasbourg et maître de stage pour 13 pasteurs exerçant dans l’UEPAL.

En tant qu’organiste intervenant çà et là pour des concerts, j’ai été président de l’École d’Orgue des Églises Protestantes et membre de la commission de Théologie de l’Alliance Nationale des Églises Luthériennes de France.

J’ai également travaillé pour du Comité mixte, qui a produit une publication sur le mariage.

Depuis 2018 je préside la commission des relations œcuméniques de l’UEPAL.

J’ai rejoint également l’équipe des prédicateurs « Parole Protestante » de RCF.

Je suis marié et père de deux enfants, Matthias et Marie, et grand-père de David et Martin. »

 

Ses priorités

 

Rencontrer, Rassembler encourager, veiller

Ma première démarche sera de proposer ma visite à chaque pasteur ou ministre exerçant dans l’inspection pour apprendre à connaître de l’intérieur, les différentes réalités de leur ministère, accueillir joies et peines et encourager celles et ceux qui parfois peinent, tant la charge est devenue lourde et difficile et je veillerai à ce que chaque collègue puisse s’épanouir dans son ministère, être heureux ! J’irai à la rencontre de tous les laïcs intervenant dans l’inspection et je proposerai à tous de travailler à un projet de l’inspection en rassemblant toutes les riches compétences des laïcs et des pasteurs.

 

Serviteur du Christ parmi les autres

En application du principe du sacerdoce universel, le ministère de l’inspecteur est celui d’un serviteur du Christ parmi les autres serviteurs, appelé à un ministère de gouvernance, d’épiscopat et d’unité au service de toute l’Église, avec l’autorité afférente, dans la soumission commune au Christ et en communion fraternelle étroite avec les autres serviteurs du Christ, responsables, ministres et membres d’Église. Par communion fraternelle, j’entends que selon la compréhension protestante, les ministères ne s’effectuent pas les uns au-dessus des autres, mais les uns à côté des autres. Ainsi, je travaillerai en étroite collaboration avec les inspecteurs laïques, le conseil d’inspection, et je confierai une tâche particulière aux députés au Consistoire supérieur. Tout cela en communion avec l’ensemble des services de notre Église.

 

Fragiles mais confiants, grâce au primat de la vie spirituelle

Le changement le plus radical qui ébranle nos Églises est celui de la crise sans précédent de la transmission de la foi, crise qui réduit considérablement le renouvellement des membres de l’Église par la succession des générations. À cela s’ajoute la perte de son audience et de son implantation réelle au cœur de la société française. Certes ce ne sont pas les réalités chiffrées, statistiques, comptables et économiques, qui définissent l’Église, ni a fortiori qui la régissent. Dans peu de temps, ce sont près de 60% de pasteurs qui partiront à la retraite : Il nous faut inventer, mettre en route une façon nouvelle et actuelle « d’être Église » et de « faire Église » de vivre le ministère des uns et des autres car « il s’agit pour notre protestantisme de passer de la connivence au partage, de l’entre-soi à la rencontre, d’une Église qui se serre les coudes à une Église qui ouvre les bras. » (Laurent Schlumberger) La Covid et la période de confinement nous ont rendu imaginatifs et inventifs à la manière de rejoindre nos paroissiens et nos contemporains ; une réflexion s’impose pour transformer l’essai dans la conviction que nous sommes portés et travaillés par la grâce.

 

Ouvrir 

J’encouragerai les nouvelles réalités d’Église là où elles sont à créer, des synergies là où elles paraissent faire sens. La situation des communautés paroissiales est très diverse selon les lieux de vie et d’implantation. Pourtant, le défi est du même ordre puisque nous constatons que la société a évolué plus vite que nos modèles paroissiaux, souvent en décalage avec la réalité sociale. Les Églises ne pourront plus faire l’économie d’une réflexion de fond

 

Les relations avec les Églises partenaires

Je vois ce ministère qui m’est confié comme la nécessité d’inscrire les chrétiens dans une tradition de la Parole, non pas pour les river au sol, mais pour les entraîner dans le mouvement vital d’une transmission qui ne se satisfait pas de la sacralisation de l’histoire, mais qui a l’audace de l’avenir. Le théologien Karl Barth révisant ses propos sur l’Église, écrit en 1956, que l’Église donne « lieu à Dieu » c’est – à- dire un lieu infiniment dilaté par l’événement qui la fonde.
Les autres Églises chrétiennes ne sont pas seulement nos partenaires, elles sont nos sœurs. Je m’engage à travailler au projet théologique qui doit conforter notre communion pleine et entière avec l’EPRAL, sans négliger notre engagement œcuménique qui n’est pas matière à option.

 

Église dans la société

Le laïcisme ambiant, métastase de la laïcité bien comprise, voudrait reléguer le discours des Églises dans la sphère personnelle et privée or il n’y a pas de christianisme privé ; il faudra que les contempteurs qui veulent nous envoyer dans les limbes entendent la parole des Églises ; cette dernière c’est l’Évangile ! Notre situation statutaire et juridique particulière, dans la République française, nous amène à promouvoir une laïcité républicaine ouverte au fait religieux, dans le respect réciproque, dans la fidélité aux valeurs de la République française et de ses institutions, sans hésiter à faire valoir l’aspect positif que représente notre organisation spécifique. Je serai attentif et actif dans ce dialogue.