Dimanche matin de Pâques : Oh !
Une porte ouverte ! Pour que l’histoire continue ?
Un tombeau vide ! Car il nous attend ailleurs que dans un musée-cimetière-musée ?
Un messager ! Pour comprendre (un peu) mieux, car seul c’est bien difficile ?
Une Parole ! Pour reprendre la Bonne nouvelle là où elle se vit ?
Christ est ressuscité !
Jeudi de l’Ascension : 40 jours après Pâques
C’est un temps d’épreuve et d’édification : Jésus s’en va et « monte » chez son Père. Il faut du temps, 40 jours, pour admettre le départ et accepter cette absence définitive : elle permet aux vivants de vivre, de témoigner, de construire une maison d’avenir et non plus de cultiver un musée du passé.
Dimanche de Pentecôte : l’histoire et la vie continuent
Et pour cela, les disciples reçoivent de quoi se tourner vers l’avenir : du souffle pour gonfler leurs vies, du feu pour dire la chaleur de la vie, des langues pour dialoguer, comprendre, rencontrer. Souffle, feu et langues : trois images de l’Esprit pour dire le début de l’Église.
Donc : Jésus est parti, et c’est une bonne nouvelle !
Cela signifie qu’il nous fait confiance pour poursuivre le chemin et prendre nos responsabilités. La foi n’est alors pas posséder la foi, mais vivre cette absence et laisser alors résonner en soi cette absence et percevoir qu’une vie est marquée par une empreinte, par des traces, par du vécu avec Dieu.
Pentecôte poursuit alors l’histoire avec les gens qui sont là, venant d’un peu partout, et le fait qu’ils se comprennent semble relever d’une vaste blague.
Dieu a-t-il de l’humour ? Le don de l’esprit est déjà une image amusante : du souffle, du feu, des langues (Actes 2, 1-3) ! Pour essayer de comprendre, il faut avoir de l’esprit, peut-être l’esprit d’escalier, ou l’esprit dérangé (« ils sont saouls » dit Actes 2, 13) ou bien un esprit de sérieux sans abandonner son esprit critique bien protestant, qui n’est pas un esprit de contradiction mais bien plus un esprit concret, un esprit de finesse, un esprit d’observation … Les traits d’esprit, l’humour est une manière de résister et de parler et de vivre et de sourire et de rire malgré tout. L’humour permet de rire du langage, parce que c’est une façon de tenir la réalité à distance en l’interprétant autrement. L’humour rit d’une auto-dérision, de celui qui raconte. Et l’humour rit de Dieu, en tenant le religieux à distance, Dieu étant suffisamment grand pour apprécier l’humour sur lui.




